PROGRAMME DE RECHERCHE
Recherche
Trois cadres théoriques. Un programme de recherche cohérent.
Mon travail se situe à l’intersection de la philosophie de la physique, des neurosciences cognitives et de l’architecture AGI. Les trois frameworks présentés ici ne sont pas des projets indépendants — ils forment un programme théorique unifié qui aborde la même question fondamentale sous des angles différents : que signifie pour un système — biologique ou artificiel — délibérer, décider et agir dans une incertitude réelle ? Quelle place pour le libre arbitre
SCIENCES COGNITIVES
Modular Mind (MM) ou l'Esprit Modulaire
Neurosciences cognitives — architecture de la délibération humaine.
MM est une théorie de l’architecture cognitive qui rejette le postulat de l’unité psychique au profit d’un modèle distribué : l’esprit fonctionne comme un système multi-modulaire en interaction, dont les conflits internes structurent les décisions et les pathologies.
Architecture de base
Le modèle repose sur cinq modules fondamentaux, chacun doté de sa propre logique, ses objectifs et sa perception du réel :
- Matilda — affect, ressenti, vulnérabilité
- Rhadamanthe — norme, jugement, loi interne
- Goldenstar — désir, projection, ambition
- Ego — narration, cohérence, identité
- Sentinel — vigilance, détection des menaces
Proposition centrale
Le conflit entre modules n’est pas une anomalie — c’est une propriété structurelle du système. Une décision est toujours le résultat d’une négociation implicite entre modules, souvent invisible, souvent biaisée par un module dominant. L’unité psychique perçue est une illusion produite par l’Ego. La réalité est un système distribué en tension permanente.
Lecture modulaire des pathologies
Les troubles psychiques ne sont pas des défauts globaux mais des déséquilibres d’architecture :
- Narcissisme → capture rigide par un module dominant
- Dissociation → fragmentation du système
- Anxiété → suractivation Sentinel
- Dépression → inhibition Goldenstar
Chaque module est en outre structuré par un mythe interne — « je dois être parfait », « le monde est dangereux » — qui oriente perception, décisions et réactions.
Positionnement par rapport aux modèles existants
MM se distingue de la psychanalyse (pas centré sur l’inconscient symbolique global), de la CBT (pas centré sur la correction cognitive), et de l’IFS (plus structuré, moins narratif — modules à rôles fonctionnels précis).
Application à LEGIO
MM fonde architecturalement LEGIO : le passage d’une théorie cognitive à une implémentation computationnelle. Les modules LEGIO sont les homologues fonctionnels des modules MM, opérant selon la même logique de délibération structurée plutôt que d’optimisation monolithique.
INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
LEGIO - Le framework cognitif IA
Architecture AGI — implémentation computationnelle de MM
LEGIO est l’instanciation computationnelle du framework Modular Mind. Ce n’est pas un wrapper LLM. C’est une architecture hybride LLM et déterministe composée de moteurs spécialisés reflêtant les modules de Modular Mind.
Ce qui rend LEGIO académiquement significatif
La critique du miroir sans intériorité appliquée à l’IA monolithique : les LLMs actuels simulent la délibération sans l’instancier. LEGIO l’instancie structurellement.
La gouvernance cognitive et la reconnaissance de la pluralité interne sont essentielles pour des décisions robustes. Ignorer ces dimensions conduit à des choix fragiles et à des systèmes opaques. Chez LEGIOLAB, nous analysons ces tensions internes pour offrir des solutions stratégiques qui prennent en compte la complexité des voix contradictoires et des compromis implicites.
METAPHYSIQUE DU TEMPS
Éternalisme Arborescent (AE)
Philosophie de la physique — ontologie modale de l’espace-temps
L’Éternalisme Arborescent est une théorie du temps et de l’agentivité qui refuse l’opposition classique entre déterminisme et libre arbitre — en montrant que cette opposition repose sur une hypothèse fausse.
Proposition centrale
L’univers-bloc existe — mais pas comme une séquence unique et figée. Il contient une structure modale réelle : l’espace des trajectoires globalement admissibles a une géométrie propre, et la contrainte n’implique pas l’unicité. Le futur n’est ni ouvert à l’infini ni réduit à une seule issue possible — il est arborescent : un espace fini de chemins structurés dont un seul est réalisé.
Ce que ça change pour l’agentivité
L’agentivité n’est pas une violation des lois physiques, ni un miracle causal. C’est une contribution informationnelle à la contrainte globale qui sélectionne la trajectoire réalisée. Choisir, c’est s’orienter dans un espace qui a déjà une forme. S’engager, c’est fermer certains chemins et en maintenir d’autres ouverts. Délibérer n’est pas une illusion — c’est une réponse fonctionnelle à la structure du monde.
Positionnement par rapport aux modèles existants
AE se distingue de l’univers-bloc pur (une seule histoire, pas de structure modale réelle), de l’univers branching (branches multiples également réelles), et du réalisme modal (mondes possibles distincts également réels). AE propose une quatrième option : les possibilités sont l’espace des configurations globalement admissibles d’une structure unique — physiquement réelles mais non actualisées.
Lien avec LEGIO et MM
AE fonde philosophiquement ce que MM modélise cognitivement et ce que LEGIO instancie computationnellement : un système qui délibère en naviguant un espace structuré de continuations possibles, plutôt qu’en optimisant vers un résultat unique.
Interventions et Conférences
Interventions et échanges académiques
J’échange avec des chercheurs, praticiens et décideurs sur :
- Les limites structurelles des LLMs monolithiques pour l’aide à la décision à enjeux élevés
- Les architectures cognitives modulaires comme voie alternative vers l’AGI
- La relation entre temps physique, branchement modal et agentivité machine
- La gouvernance de l’IA et l’écart entre optimisation et jugemenent
Si vous travaillez sur des problèmes adjacents en philosophie de la physique, sciences cognitives ou architecture AGI et souhaitez échanger — je construis activement un réseau de chercheurs.